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 " Lettre ouverte à monsieur le pape " (Jean-Luc Mélenchon)

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MessageSujet: " Lettre ouverte à monsieur le pape " (Jean-Luc Mélenchon)   Ven 28 Nov - 9:18

À Paris le 23 novembre 2014

" Lettre ouverte à monsieur le pape "

Monsieur le pape,

Soyez le bienvenu en terre de France. Nombreuses y sont vos ouailles et maints des miens parmi elles. On vous aura peut-être dit que d’aucuns ne souhaitaient pas votre présence à la tribune du Parlement européen. J’en suis. Je voudrais vous en expliquer le motif.

Mais avant cela, pour écarter l’idée d’un ressentiment personnel ou d’une volonté d’offense à votre foi, laissez-moi vous dire ce qui nous rapproche au-delà de ma propre éducation initiale et de l’engagement de certains des miens, et non des moindres, dans la foi chrétienne.

J’aime l’Argentine votre pays. Je m’honore de tenir d’elle l’unique décoration qui m’ait été décernée. C’est le président Raoul Alphonsin qui me l’a attribuée du fait de mon engagement pour la libération de plusieurs de vos compatriotes. Celles-ci étaient persécutées par les militaires factieux qui avaient soumis votre pays à leur dictature abominable. Elles étaient martyrisées dans le camp « El Vesuvio » dont vous avez du connaître l’effroyable histoire. Parmi les trente mille disparus de cette période, plus de vingt Français engagés de grand cœur aux côtés des Argentins dans la résistance à la dictature. Et parmi eux, deux religieuses d’un immense courage : Alice Domon et Léonie Duquet, torturées et jetées en mer, et le prêtre Gabriel de Longueville, enlevé et criblé de balles. Je n’oublie pas. Ayons ensemble une pensée pour eux. Souvenez-vous du prix que leurs familles attacheraient à une manifestation de votre compassion.

J’ai entendu avec faveur votre franche critique de la domination de la société par l’argent. Votre adresse aux puissants de la terre et votre engagement par des paroles aimantes à l’égard des pauvres qui luttent pour leur dignité ont retenu mon attention scrupuleuse. J’y ai entendu l’écho de la théologie de la libération d’illustre influence. Elle a été et reste une source d’inspiration essentielle de tous mes amis croyants chrétiens qui participent à la direction des destinées de leurs patries en Amérique du sud. L’option préférentielle pour les pauvres est une voie féconde pour la conduite des affaires civiles. Toute personne amie des vertus républicaines peut la faire sienne. Pour ma part, me risquant à donner franchement mon avis dans un domaine où vous restez bien sûr seul juge légitime, je recevrai comme un signal majeur que les penseurs de ce mouvement ne soient plus interdits de parole par l’Église. Leur contribution à la construction de généreuses consciences émancipées appuierait de façon décisive la construction de la grande patrie de Simon Bolivar, San-Martin, Miranda et Sucre.

Monsieur le pape, je ne veux pas réduire votre conviction à un seul de ses aspects. Mais je ne saurai m’adresser à vous sans vous dire comme nous sommes nombreux à être blessés par certaines de vos options négatives. Je pense à ce que vous faites contre le droit à l’avortement, l’usage des contraceptifs et, dans un autre domaine, le droit de choisir « d’éteindre la lumière » de sa vie, aidé d’une main qui en soulage l’acte. Ou ce que vous faites contre le droit au mariage civil des personnes de même sexe. Que les croyants chrétiens y soient hostiles et s’y refusent je l’entends bien. Le cas échéant, je ferai tout pour leur permettre de ne pas se voir imposer le choix contraire. Mais pourquoi vouloir imposer le leur à tous les autres ? Pourquoi empêcher toute législation favorable qui ouvre le choix sur le sujet ? Pourquoi militer contre celles qui sont déjà établies dans ce sens ? Pourquoi agir pour durcir les prescriptions légales répressives quand ces droits sont déjà réprimés et durement punis. Pourquoi nous imposer à nous qui n’imposons rien aux autres sur ce sujet, l’obligation de nous soumettre à une injonction qui est contraire à notre conception de la dignité humaine ? Les malheurs qui résultent de cette obstination à imposer le dogme aux autres sont d’ores et déjà immenses comme en témoignent l’agonie de milliers de femmes et les persécutions contre la personne dont l’orientation sexuelle ne vous convient pas. L’idée de placer la loi sous la nécessité d’être conforme au dogme est une voie périlleuse pour nos sociétés et pleine de violences pour les personnes.

Monsieur le pape, mon pays a eu à souffrir de trois siècles de guerres de religions ouvertes ou larvées. De la lutte des protestants, des juifs et des humanistes pour la liberté du culte a jailli douloureusement la loi de séparation des Églises et de l’État. Elle garantit à chacun la liberté absolue de pratiquer ou de ne pas pratiquer le culte. Elle interdit absolument que la religion et la politique soient mêlées dans la vie des institutions qui doivent rester ouvertes à tous. En démocratie, la seule loi légitime est celle que décide le peuple librement par ses suffrages. Nous connaissons l’hostilité de principe constante de l’Église et des papes sur ce point. Pourtant, dans notre temps, plus qu’en aucun autre récent, cette règle n’a eu autant d’importance pour garantir la paix et la concorde civile. Nous nous efforcerons de vous convaincre. Car j’observe que l’Eglise peut aussi entendre la voie de la raison humaine. Ainsi, quoique vos prédécesseurs aient condamnés le suffrage universel jusqu’en 1906 et la République jusqu’en 1920, je ne crois pas que vous recommandiez de revenir à ces points de vues féroces exprimés dans des encycliques. Je crois même que vous seriez à nos côtés si nous devions affronter qui voudrait nous priver de ces deux bienfaits. Car vous avez observés dans votre propre pays quels crimes sont rendus possibles par l’indifférence à ces exigences.

Monsieur le pape, votre place à la tribune du Parlement ne peut s’accepter dans le cadre d’une session officielle de notre assemblée. Cette impossibilité ne vise ni votre personne, ni votre foi, ni vos fidèles également nombreux depuis mon compatriote Lamennais à comprendre l’ardente nécessité de la séparation du religieux et des institutions politiques. Cette impossibilité résulte de notre définition républicaine d’une assemblée de députés du peuple souverain. Vous avez la sagesse et la culture qui auraient dû vous permettre de prévoir que nombre d’entre nous seraient humiliés par un tel manquement aux règles de la laïcité indispensable d’un Parlement européen lorsqu’il inclut notamment des Français dont la loi interdit ce genre de confusion. Aucun d’entre nous ne peut exprimer son avis sur votre présence dans le cadre des débats libres du Parlement. Nous subissons donc une situation qui nous est imposée par quelques personnes vaniteuses qui en attendent une gloire personnelle au détriment de principes essentiels. Jamais les Européens ne seront « unis dans la diversité » si la règle de base de la laïcité qui rend possible cette unité est méprisée.

Ceci ayant été dit en toute franchise, je vous renouvelle mes vœux de bienvenue dans une ville française. J’aurai préféré que vous y soyez venu faire une messe dans la sublime cathédrale de Strasbourg, ce qui est dans vos devoirs, plutôt qu’un discours à notre tribune humaine, ce qui contrarie les nôtres.

Jean-Luc Mélenchon

Député du peuple français au Parlement européen


Le pape devant le Parlement européen.

Je ne suis pas d’accord, vous venez de le lire. J’estime que le Parlement n’est pas le lieu d’un prêche, quel qu’il soit. Je suis le défenseur d’une séparation absolue des Églises et de l’Etat. Dès l'annonce en septembre de cette visite, j'ai exprimé ma vive désapprobation. Peu après la publication de mon communiqué sur le sujet, nous avons appris du Président du Parlement Martin Schulz que le pape était invité « en tant que chef d'État ». Ce statut est souvent utilisé par les papes pour permettre à l’Église catholique d’être représentée en tant que telle dans les débats d'institutions internationales : le Vatican serait un État. Le Vatican est un quartier de Rome, rien de plus, cédé au pape comme une ultime survivance du Moyen Âge et de l’opposition obstinée de la papauté à l’unité italienne. Depuis sa première réplique, le président du Parlement européen a changé son fusil d’épaule. Il a invité le pape comme « sont invités d’autres personnalités religieuses tel le Dalaï Lama ou le mufti de Damas ». Pour ce socialiste allemand, ce serait là une sorte d’excuse. Comme si le problème était la religion concernée. Comme si le problème était je ne sais quel devoir d’égalité de traitement entre les chefs religieux. Issu d’un pays où la séparation de l’Église et de l’État n’a jamais eu lieu, Martin Schulz ne comprend même pas de quoi nous parlons. Inutile de dire qu’il n’est pas le seul dans cet hémicycle. Mais supposons un instant que nous acceptions cet argument. Avons-nous affaire à un simple prédicateur dont l’autorité morale est reconnue par plusieurs milliards de croyants qui appliquent les préceptes et injonctions qu’il formule ? Pas seulement !

Les papes sont les chefs d’un parti-pris mondial qui agit de façon militante coordonnée pour faire entrer dans la loi civile les vérités révélées dont il se déclare le dépositaire ! Ce parti-pris conduit les églises catholiques à militer ardemment contre le droit à l’avortement, la contraception et même l’usage des préservatifs. Et de même contre le mariage pour tous sous toutes les latitudes. C’est son droit, quand bien même nous savons à quels horribles désastres humains ce type de prescriptions conduit. Quand des lois humanistes et égalitaires sur ce sujet sont adoptées, l’Église combat pour leur retrait. Quand elles n’y sont pas, elle milite pour le durcissement de la répression et des interdits. On l’a bien vu là où l’avortement, est déjà interdit et où l’Église a milité pour que cette obligation soit étendue jusqu’au cas où la vie de la mère serait en danger ! En Argentine même, patrie du pape actuel, l’Église a milité dans un cas, exceptionnel par son retentissement, pour obliger une mineure à mener à terme une grossesse issue d’un viol. Et ce pape n’est nullement en retrait sur le sujet.  La dernière fois où il avait reçu des eurodéputés au Vatican, c'était en 2013 pour organiser le rejet par la droite et l'extrême droite d'un rapport sur les droits des femmes. L'intervention néfaste du Pape sur ce dossier fut décisive car ce rapport fut rejeté à 7 voix près. Récemment devant une assemblée de médecins catholiques, il les a incités à refuser l’accès aux droits que la loi reconnait en matière de droit à l’avortement. « Il n’est pas licite de rejeter une vie humaine pour résoudre un problème », a-t-il dit. Puis il a invité les médecins catholiques à faire des « choix courageux et à contre-courant », en vertu de « l’objection de conscience ». Refuser la loi au nom d’une religion, c’est dire que les injonctions de cette religion s’appliquent à toute la société.  

C'est donc ce chef religieux là, porteur de ce message et de cette action dans le monde entier, qui est reçu au Parlement européen pour intervenir devant les députés. Pour moi, ce n'est pas le pape lui-même ou sa fonction et encore moins ce qu'il peut représenter pour les fidèles de l'Église catholique qui sont en cause. Je proteste contre le rôle politique et institutionnel qui lui est reconnu à cette occasion. Le socialiste Martin Schulz a satisfait une revendication constante de la papauté. En octobre 1988, Jean-Paul II avait en effet plaidé devant les eurodéputés pour un retour de l'Église dans les affaires publiques européennes et pour fonder la loi sur « une norme transcendante du vrai et du juste ». Vieille obsession. Robert Schuman, l’un des prétendus « pères de l’Europe » n’avait-il pas annoncé dès les années 1950 que la démocratie européenne serait " chrétienne ou ne serait pas ".

Cette nouvelle réception du pape se déroule donc dans des conditions qui sont une forme de reconnaissance de l'Église comme puissance souveraine dans l'espace public européen. Car le pape rencontrera aussi en effet le président en exercice de l'UE, le Premier ministre italien Matteo Renzi, le Président de la Commission européenne Jean Claude Juncker et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Toutes les institutions européennes sont donc mobilisées pour sa visite. L'Europe n'en fait pas tant pour beaucoup de chefs d'État ou de gouvernement. Au niveau du Parlement lui-même, sous l'impulsion du Président Schulz, la visite du pape est présentée comme un moment institutionnel majeur de la mandature. Schulz s'est rendu deux fois au Vatican pour préparer personnellement cette visite, en 2013 et en octobre 2014. Le nonce apostolique est l'invité de la semaine de la chaîne parlementaire européenne. Et la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères Frederica Mogherina a tenu cette semaine au Parlement une réunion sur la paix avec un ministre du pape, le cardinal Basseti. On ne peut mieux mettre en scène et illustrer le rôle politique et institutionnel accordé à l'Église par l'Union européenne.

Reste à citer, pour le comique de situation, les inconvénients pratiques de cette visite. Les fonctionnaires et assistants ne pourront plus entrer dans le Parlement après 8h30 du matin le jour de la venue du pape. Les votes prévus ce jour-là ont été annulés. Puis rétablis. Puis rendus fort problématiques. En effet, obligation est faite aux collaborateurs des groupes politiques d’évacuer leurs bureaux dès 10 heures et demie. Le travail parlementaire est donc suspendu toute une journée, sur les 4 que compte une session, pour accueillir un chef religieux. Le Parlement tout entier clapote dans une ambiance de fête diocésaine. Des circulaires spéciales ont été adressées par les services du Parlement à tous les députés et personnels pour leur exposer les modalités de la visite de « Sa Sainteté ». La reprise de cette phraséologie par les services du Parlement est révélatrice. Une crise de bigoterie saisit la sphère européenne. Que font les défenseurs des droits des femmes, ceux de l’égalité en droit des personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle ? S’ils sont socialistes ils ne feront rien, comme d’habitude. Pour ma part, voici ce que je fais. Je m’oppose publiquement et j’explique pourquoi. Notamment en adressant ma lettre au pape. Mais je n’en reste pas à la nécessaire dénonciation des conditions politiques de cette visite. Je crois utile d’illustrer positivement et pédagogiquement la nécessité de la laïcité en Europe à cette occasion. C'est pour cela que j'organise le même jour au Parlement européen à Strasbourg une Initiative européenne pour la laïcité.

Y interviendront notamment Henri Pena-Ruiz, le philosophe. Il expliquera pourquoi l'intervention d'un chef religieux dans une assemblée parlementaire pose un problème de fonctionnement de la démocratie. Mais nous entendrons aussi la socialiste belge Véronique De Keyser qui a plaidé pendant 10 ans comme députée européenne pour une séparation du religieux et des institutions européennes. L'eurodéputée espagnole Marina Albiol nous éclairera sur la gravité de l'offensive politique menée par l'Église en Espagne au détriment de droits humains fondamentaux, en particulier des femmes. Enfin, le président de la Fédération Humaniste européenne, Pierre Galand, présentera des pistes pour mieux défendre la laïcité en Europe. La lutte continue.

Le Mouvement pour la Sixième République mute

La deuxième réunion du comité de ses initiateurs a eu lieu. Nous affrontons à cette étape l’impatience d’un certain nombre de nos signataires. Les tâtonnements du commencement sont inévitables. J’ai délibérément choisi de ne pas régler seul les décisions essentielles de toute cette étape transitoire avant le moment où le mouvement se sera doté de son auto-organisation. Il faut parler, se concerter et se comprendre. Je ne peux avoir d’autre cadre pour le faire actuellement que ce comité de signataires. Et celui-ci à son tour ne peut faire mieux que d’aller pas à pas et sans se donner des pouvoirs qui ne lui appartiennent pas. Les malentendus sont inévitables et les maladresses tout autant. Une des raisons est notamment que les moyens techniques qui vont nous aider à surmonter les difficultés sont ou bien peu ou mal connus de la plupart des membres de la génération qui ne les découvre que depuis très récemment. Sans oublier les préjugés que la méconnaissance soulève. Une salle de discussion ou une auto-hiérarchisation du fil des commentaires sont des instruments modernes et non des pis-aller ou des captations techniques du pouvoir. En tous cas moins grave que les ruses et captations de pouvoir par la parole ou les prises de posture que l’on constate dans n’importe quelle réunion « réelle ». D’une façon générale, nous devons tenir compte du fait que chaque génération politique a ses rites et ses « obsessions ». Et beaucoup de victimes de pratiques autoritaires dans le passé de leur ancienne organisation sont encore toutes saignantes. Elles ont tendance à penser que la même pièce se rejoue tout le temps. Quand donc se présentent des techniques de travail comme celles qu’offrent le cyberespace, absolument transversales et horizontales, ils ne les abordent pas à partir de leurs potentiels mais à partir de leurs dangers souvent fantasmés par la méconnaissance. La discussion et l’écoute mutuelle devraient aplanir ce genre de difficulté.

Voici le saut qui va s’accomplir. C’est celui de l’auto-organisation du mouvement. Nous allons d’abord installer début décembre sur le site une machine à débattre. Le fonctionnement de celle-ci a été présenté à la réunion du comité d’initiative. Elle permet une interactivité des intervenants et l’autogestion des points de vue exprimés. Chacun aura la possibilité de lancer des débats de manière publique, de participer à des débats existants, et d'exprimer son accord ou son désaccord avec chacun des autres participants. Le système connu des « j'aime » ou « je n’aime pas » permet cette régulation, et ce classement des arguments avancés par chacun sous l’œil de tous. Avec ce fonctionnement, des formes rudimentaires de décisions peuvent déjà être prises en utilisant ce système de « j’aime » ou « j’aime pas ».

Aussitôt après, nous ouvrirons la machine donnant la possibilité de se retrouver localement. Cette demande vient souvent en effet et il faut y répondre. Cependant, contrairement à une fausse bonne idée simple, il n’est pas licite pour le fichier central de donner des adresses pour faire des convocations locales. D’ailleurs, est-ce souhaitable ? Là encore, seule la volonté personnelle avérée peut être légitime. Je ne crois pas que ceux qui ont signé pour la sixième République m’aient donné l’autorisation de donner leur adresse à qui que ce soit. Et dans le doute, je m’abstiens de le faire. Nous consacrerons donc un espace de la plateforme de discussion à cette sorte d’invitation. On y trouvera donc des messages du type « cherche citoyen(ne)s du M6R à Billy-Les-Bains» qui permettront aux volontaires de se faire connaître. Si ça ne fonctionne pas, on proposera aux personnes de se retrouver sur une plateforme externe. On construira pour janvier un système plus ergonomique sur notre propre site. De même, il doit pouvoir être possible de créer des sous-groupes locaux, publics et accessibles à tous. Et même des sous-groupes privés ! Les autres utilisations possibles sont : fil d'informations, séances de questions à des personnalités ou des personnes en particulier.

Je viens maintenant sur la plus grande difficulté évoquée au cours de la réunion. Il s’agit de la création d’une machine à voter. Qui pourra voter ? Comment contrôler que personne ne vote plus d’une fois ? Dans une première phase, une chose est sûre. Seuls les signataires ont le droit de s’exprimer et de voter. Comment vérifier leur identité individuelle ? L’idée la plus simple est que ceux qui veulent participer à tout cela donnent leur numéro de sécurité sociale comme identifiant. Mais ce point précis fait partie des questions posées au groupe de travail chargé de faire des propositions pour l’auto-organisation du mouvement. Il faudra aussi trancher si tout public doit pouvoir suivre les débats ou pas. Tout ce travail est fait par le groupe des informaticiens qui ont proposé leur aide. Les coordonner et centraliser les résultats de leur travail est une activité lourde. Guillaume (étudiant, 21 ans) s’en charge. Les étapes suivantes prévues par lui : une meilleure ergonomie du système pour se retrouver localement. On peut proposer aux gens de se géolocaliser sur une carte. En janvier : développer le système de vote, mais ce sera dépendant de la forme d'auto-organisation choisie.

La plupart des fonctions que je viens d’évoquer existent déjà sur diverses plateformes. Le choix retenu est de disposer de toutes ces fonctions sur notre propre site. Pourquoi ? Essentiellement pour assurer la confidentialité de nos données. Mais aussi pour éviter le risque d’interruption d’un service commercial et la perte de mémoire qui en résulterait. C’est plus long, mais c’est plus sûr. Et c’est surtout plus acceptable par tous. En effet, quand j’ai lancé l’idée du mouvement, certains avaient compris qu’il se construirait par l’intermédiaire de Facebook. Il y eut aussitôt une levée de boucliers. Compte tenu des appréciations négatives de beaucoup, il a fallu s’écarter absolument de cette hypothèse. J’ai tenu compte de cette prise de position tranchée pour faire mes propositions ensuite. Dans un deuxième temps, j’ai pensé faire une commande à une société dirigée par des amis dont la réputation et la pratique sont très sérieuses. De nouveau on me fit la réflexion que le système de gestion serait captif et que seul un système ouvert et libre serait accepté dans notre cas. Nous sommes donc revenus à l’intuition initiale : demander aux bénévoles qui ont proposé leur aide de construire chaque pièce du dispositif.

La mise en place de ces machines ne doit pas stopper notre activité de recrutement et d’animation politique. En particulier l’intégration des groupes de militants politiques est une tache particulière. Elle étend l’influence de notre mouvement dans les consciences et notamment parmi les citoyens les plus motivés. Nous commençons par prendre en compte toutes les démarches citoyennes collectives en affichant leurs prises de position dans le site, au même niveau que celles des « personnalités » de l’appel initial. Nous faisons de même avec les groupes de militants politiques qui le souhaitent. La semaine passés, à la suite des « socialistes affligés », ce sont des dirigeants nationaux de « Nouvelle Donne » comme Isabelle Attard qui ont rejoint le M6R, suivis très vite d’un groupe de cinquante militants dont plusieurs responsables régionaux du mouvement.  Cette semaine, nous allons annoncer la liste des dirigeants de la gauche des Verts. Dès lors, tous les secteurs de gauche de l’écologie politique seront représentés, PG, Verts, décroissants. Dans ces conditions on peut voir que notre mouvement « fédère » autant qu’il « rassemble ».

Voici un sondage publié dans « Le Parisien ».

Il m’est consacré. Il a été réalisé par l’institut Odoxa que dirige Gaël Sliman, une personnalité social-libérale connue et appréciée. La bonne nouvelle incontestée : 62 % des sondés se disent favorables à une sixième république. Et aussi celle-ci : 63% des sondés disent que mes idées économiques et sociales sont différentes de celles de madame Le Pen. Cela ne mériterait-il pas un mea culpa bien clair de nombre de commentateurs qui soutiennent le contraire depuis des mois pour le faire croire ? Leur échec est aussi évident que la campagne de diabolisation dont je suis l’objet.

En effet 55% des gens de gauche ont une bonne opinion de moi ! 85 % de la droite et extrême droite en ont une mauvaise. On s’épuiserait à répéter l’analyse de ce que vaut ce type d’instrument et de l’usage qui en est fait. Le commentaire ne vaut pas mieux que l’outil. Ici, il permet de titrer que 66 % « des Français » ont une mauvaise opinion de moi. Mieux : une majorité de sondés, invitée à choisir si je suis « un atout ou un handicap » penche pour le handicap. Aussitôt, Gaël Sliman en conclut que je serai un « boulet », ce qui n’était pas le mot de la question. Pour la droite, bien sûr. Mais « aussi pour la gauche » alors même que pourtant le sondage dit que 50 % des sondés de gauche me perçoivent comme un atout… Après quoi le directeur de l’entreprise de sondage conclut que cela est dû à mes « emportements » contre les journalistes et contre Hollande ! Que les journalistes et Hollande figurent dans les sondages comme les personnes les plus mal perçues des Français n’a pas l’air de troubler le commentateur illogique.

Une autre lecture des chiffres même de ce sondage est pourtant possible. Celle qui consisterait d’abord à noter que dans la précédente enquête publié par cette entreprise, je ne figurais pas dans le tableau des personnes considérées comme les plus représentatives de la gauche. Je m’y trouve cette fois ci en deuxième position derrière Martine Aubry. Découverte soudaine ? Pour la totalité des sondés, ceux qui incarnent le mieux les idées de la gauche sont Aubry 40%, Mélenchon 27%, Valls 24%, Duflot 7% et 2% (sic !) n’ont pas d’opinion. La même question posée au seuls gens de gauche de l’échantillon donne un résultat plus serré : Aubry  41%, Mélenchon 36%, Valls 19%, Duflot 4%. La prudence commanderait au commentateur de séparer les opinions de gauche de celles de droite pour rendre compte du tableau ! Encore faudrait-il que le commentateur vaille mieux que son outil. Pourquoi faire le total des sondés de droite et de gauche pour décrire quelque chose à mon sujet ? Car dans les 66% d’opinions qui ont une « mauvaise opinion de moi », ils sont 85 % dans ce cas à droite et à l’extrême droite. Est-ce étonnant ? Que faudrait-il penser si c’était le contraire ? Mais 55 % des gens à gauche ont une « bonne opinion » de moi. Tel quel ! À l’heure des bulletins de vote que valent les « mauvaises opinions » de droite par rapport aux bonnes opinions de gauche ? Bref tout ça pour quoi ? Pour que monsieur Gaël Sliman me conseille de « critiquer d’une voix mielleuse Hollande ». Sondage du même Odoxa pour le même « Parisien » sur Le Pen. L’affaire est entendue. La caste est servie.

Selon qu'il s’agit de Le Pen ou de Mélenchon, « Le Parisien » regarde différemment la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine ! Pour moi, Il met en avant les 66% d’opinions qui me sont défavorables plutôt que les 33 % de « Français » et les 55% de personnes de gauche qui me sont favorables. Mais il faut se souvenir qu’il avait titré exactement à l’inverse à propos de madame Le Pen. « Le Parisien » avait clamé « 43% de bonnes opinions pour Le Pen » et non pas « 56% de mauvaises opinions », ce que disait pourtant aussi le sondage. On peut le vérifier encore avec cet article en ligne du 12 février 2014. « Plus d'un Français sur trois dit adhérer aux idées du FN ». En fait il s’agissait d’un sondage TNS-SOFRES pour « Le Monde » qui ne parlait pas du tout d'adhérer aux idées du FN. Ce sondage demandait aux sondés s’ils étaient « tout à fait d'accord, assez d'accord, plutôt en désaccord, tout à fait en désaccord » ! 34% s’étaient déclarés « d'accord » et 59% « pas d'accord » avec idées du FN ! Même exploit en août dernier quand il fallait faire vendre du papier et de la peur. L’article en ligne du « Parisien » 30 août 2014 assénait : « Près de 4 Français sur 10 sont souvent d'accord avec Marine Le Pen » (sondage CSA pour Atlantico établissant qu'il « arrive » à 39% des Français de « se sentir » « souvent d'accord » – très souvent : 16%, assez souvent 23% – avec Le Pen). Le même sondage disait pourtant aussi qu'il y avait 61% de « Français » rarement ou jamais d'accord ! Un détail de l’histoire, sans doute. Mais le journal « Le Parisien » n’a-t-il pas consacré sa double page d’entrée à montrer pourquoi la démocratie coute trop cher ? Parfois, on a froid dans le dos en lisant la presse française.

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Lionel Parisot
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