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 La grande bidouille (Jean-Luc Mélenchon)

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MessageSujet: La grande bidouille (Jean-Luc Mélenchon)   Ven 27 Mar - 13:36

Mercredi 25 mars 2015

La grande bidouille

Je n’écrirai que quelques lignes. La période de l’entre-deux tours est propice aux provocations et je veux m’en protéger. Il faut en tenir compte car vous avez vu comment j’ai été traité dans les deux semaines qui ont précédé le premier tour. D’abord repeint en ami de Vladimir Poutine puis en ami de monsieur Patrick Buisson. Bien sûr, il s’agissait de nous porter un coup collectif et ceux qui l’ont imaginé savaient parfaitement bien ce qu’ils faisaient. J’ai alors retrouvé l’ambiance de la dernière semaine de la campagne présidentielle où, chaque jour, j’avais droit à une boule puante. Je suis donc devenu avare de paroles et j’ai l’intention de le rester jusqu’à ce que la campagne officielle soit close et que le pouvoir de nuisance de ceux qui me pourchassent soit le plus bas possible par rapport au résultat de l’élection au second tour.

Je vais donc me contenter pour aujourd’hui de vous renvoyer sur le blog du coordinateur du parti de gauche Eric Coquerel. Vous lirez aussi avec profit l'édito de François Delapierre. Pour ce qui concerne la note d'Eric Coquerel, ce qu’il dit est le résultat de notre réflexion mise en commun depuis dimanche, recoupée avec nos partenaires et alliés. Vous y apprendrez que le Front de gauche, évalué à partir du résultat des différentes listes autonome du PS qu’il a présentées ou soutenues en binôme avec EELV atteint 9,4% et que si on le rapporte aux seuls cantons où il était effectivement présent il sort à 11%. Si bien que c’est la première fois que nous finissons une élection en ayant retrouvé le score de l’élection présidentielle. Sur le terrain, il s’est passé quelque chose de plus pour nous. Je n’en parlerai qu’après le second tour. Mais nous savons déjà que la formule imaginée qui combine assemblée citoyenne et union des organisations de gauche indépendante du PS fournit un très haut niveau de résultats.

Pour parler des résultats du premier tour des élections il faudrait les connaître. La soirée électorale a été un grand moment de grand n’importe quoi. Entre les bidouillages du ministère de l’Intérieur et les instituts de sondage qui présentaient chacun et sur chaque chaîne des chiffres différents, on ne pouvait rien comprendre mais surtout rien savoir. Mais, au total, on a surtout pu vérifier le ridicule du recours aux entreprises de sondage pour donner des résultats. Il a éclaté au grand jour à 20h00. Chaque média a annoncé un résultat différent en fonction du sondeur utilisé. On avait ainsi l’UMP-UDI à 29% pour i>Télé, à 31% pour BFMTV, mais à 37% pour Le Monde, Libération et France Info ! Le PS était donné à 20% par BFMTV et à 21% par i>Télé mais jusqu’à 27% pour « Le Monde », 28% pour « Libération » et même près de 29% pour France Info. Lundi, ça ne s’est guère amélioré. Direct Matin se contente donc de donner des fourchettes. De 5,8 à 9,7% pour le FDG, de 19,7 à 25% pour le PS et de 3,5 à 7,7% pour les « divers gauche ». Si on additionne toutes les « fourchettes », on se retrouve avec un « total gauche » compris entre 30,3 et… 44,4% ! À ce niveau, c’est plus une fourchette : c’est un râteau.

Une nouvelle fois est démontré le rôle hallucinogène des sondages dans la vie politique du pays. Pendant des mois, on nous a asséné que le Front national allait gagner, qu’il serait le « grand vainqueur de ce scrutin », etc. Cette pression sondagière et médiatique s’exerce sur les esprits et elle modifie le réel. Elle pousse certains électeurs à se dire que la dynamique à droite est du côté du FN. Elle en pousse d’autres à se dire qu’il faut faire « l’unitéééé » à n’importe quel prix avec les socialistes. Elle en pousse beaucoup (qui finissent par se dire « à quoi bon ? ») à ne pas aller voter. Bref, comme c’est bien normal, les citoyens forment leurs décisions à partir des informations dont ils disposent.

Reste que grâce aux bidouillages du ministère de l’intérieur le PS sort à un niveau purement factice. L’UMP se garde bien de protester car c’est avec la même bidouille qu’elle se retrouve en tête après s’être vu attribuer les voix de tous les divers droite et même celles de ses dissidents. Le PS bat tous les records de tripotage en s’attribuant tous les « divers gauche » parmi lesquels ont été classés par exemple par les préfectures tous les binômes d’union du Front de gauche et d’EELV.

Naturellement, le sujet ce n’est pas pour eux de changer une réalité qui de toute façon va se traduire dès dimanche prochain. Il s’agit juste de gagner l’effet « 20 heures ». Au niveau annoncé à 20 heures, le PS « sauve la mise » car c’est ce que retiennent les gens avant de changer de chaîne. J’estime que sur le plan de l’histoire médiatique c’est une grande première pour un soir d’élection. Pour la première fois, le « bruit » l’a emporté sur l’information. Il en est resté une « impression » davantage qu’un savoir rendu impossible. Dans cette impression, le FN n’a pas gagné, le PS a bien résisté grâce à Valls, Sarkozy a marqué le point. Et nous n’existons pas. Ou seulement à 5%. Fermez le ban. Selon moi, rien de tout cela n’est vrai. Pour autant, la situation est catastrophique. L’idée progressiste a subi un immense revers. Jamais les valeurs d’extrême-droite n’ont été aussi influentes, couvrant un large champ commun qui va du FN jusqu’à une très ample proportion de l’UMP. Le résultat électoral ne le mesure pas tout fait. En effet une partie des gouvernementaux est elle-même travaillée par un corpus d’idées étrangères a notre monde philosophique comme lorsque Valls dénigre les Roms ou Macron propose aux jeunes comme rêve de devenir milliardaire. C’est tout l’espace des représentations de soi et des autres qui est en jeu dans le moment que nous vivons. La vague brune n’est pas seulement politique. Elle est peut-être d’abord un fait d’une « culture » devenue dominante.

Jean-Luc Mélenchon

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