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 La leçon cachée de l'élection (François Delapierre) + Tripartisme fictif (Eric Coquerel) + Entre crise politique et résistance (Laurent Maffeïs et Matthias Tavel)

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MessageSujet: La leçon cachée de l'élection (François Delapierre) + Tripartisme fictif (Eric Coquerel) + Entre crise politique et résistance (Laurent Maffeïs et Matthias Tavel)   Ven 27 Mar - 13:45

Mardi 24 mars 2015

La leçon cachée de l'élection

Une chose est sûre : le FN est bien l’assurance-vie du système. Proclamé pendant des semaines « premier parti de France », il termine deuxième largement distancé par l’austéritaire UMP. Entre-temps, le Front national a fourni un argument de campagne à Manuel Valls pour les candidats socialistes. Il va même permettre le vote indifférencié au deuxième tour par lequel les électeurs de gauche sont invités à voter pour la droite avant d’applaudir à un programme compatible, comme l’a justifié Manuel Valls sur RTL lundi.
          

Le ressort anti-FN a justifié un vote pour des candidats sans programme et a donc permis à la coalition gouvernementale de se présenter sans aucun programme à l’élection. Et pour cause, puisqu’on ne sait pas, faute de loi votée, quelles seront les compétences des futurs conseillers départementaux.

Est ainsi encensé un Premier ministre socialiste qui a réussi à faire monter les droites comme jamais, tant il est vrai qu’entre l’UMP sarkoïsée et le FN on cherche souvent la différence. On a donc assisté au spectacle cocasse d’un Premier ministre se prévalant de ses propres turpitudes et justifiant par le mauvais score du PS le nécessaire rassemblement autour de celui-ci. Quant à l’habituelle esbroufe sur nos résultats, ce A Gauche y répond point par point. La sous-estimation des candidats Front de gauche présents dans une minorité de cantons a battu des records.C’est pourtant l’un des événements cachés de l’élection. Un de ceux auxquels Manuel Valls n’a pas envie de répondre. Le Front de gauche a repris sa marche en avant car il est en progrès par rapport aux européennes. Mais c’est un Front de gauche transformé, ouvert à des démarches citoyennes, comme dans le Jura ou la Haute-Garonne, qui pose déjà les jalons d’une 6e République.

François Delapierre

Mercredi 25 mars 2015

Tripartisme fictif

Depuis dimanche soir, montage à l’appui des photos de Valls, Sarkozy, Le Pen côte à côte, on nous vend le tripartisme. La vie politique français se résumerait donc à deux libéraux (un de « gauche », un de droite) et une « facho ».

Incontestablement la droite a gagné cette élection en étant unie.  Incontestablement le FN a consolidé son implantation. Mais l’image d’une gauche rassemblée derrière Manuel Valls est évidemment une arnaque. Il n’y a pas un bloc « de gauche » derrière le PS.

L’arnaque aux étiquettes

Cette manipulation n’a rien de spontanée. Elle a même été préparée de longue date. Face à un nouveau mode de scrutin, le Ministère de l’intérieur avait  la latitude de classer de différentes manières un binôme lorsqu’il était composé de candidats de deux partis différents. En choisissant arbitrairement de les étiqueter « Divers Gauche », quels qu’ils soient, voir même « Union de la Gauche » dans certains cas, il a pris une décision politique. D’autant que le FDG et EELV s’étaient adressés officiellement à lui pour demander qu’il en soit autrement pour nos binômes communs. Refus.

DR Cette gauche qui soutient Syriza et s'oppose à Valls ! Crédit : Patrice Gravoin

L’objectif poursuivi ? Il s’agissait de réduire dimanche soir l’échec du PS et d’effacer du tableau toute trace d’alternative à gauche. Si on en croit le Ministère, le FDG atteindrait ainsi 6,09 % et EELV 2% contre un PS « et ses alliés » (dixit) à 21,85 % (nul n’a noté par ailleurs que les binômes exclusivement socialistes n’atteignent que 13,70 % des suffrages exprimés, la catégorie Union de la Gauche étant additionné sans discussion au résultat du PS). Les DVG, souvent enrôlés derechef sous le drapeau de la majorité gouvernementale, sont eux estimés à 6,81 %.

Les vrais résultats du Front de Gauche

La réalité est toute autre puisqu’au moins 30 % des candidats FDG, ceux partis en commun avec EELV, sont camouflés dans DVG. En réalité, 9,4% des électeurs ont voté pour une liste soutenue par le FDG (11,9% si on les rapporte aux seuls cantons dans lesquels ils étaient présent comme le montre l’étude électorale de Roger Martelli dont le lien est en bas de page). Soit le meilleur score du FDG en dehors de la Présidentielle, meilleur que les 8,9 % obtenus aux cantonales de 2011 dans la moitié des cantons français, et beaucoup mieux que les 6,33 % des Européennes. Ajoutons, pour être précis, qu’une partie de nos candidats ont même été classés en Union de La Gauche dont le résultat, on l’a vu, est rentré directement dans l’escarcelle socialiste ! La conséquence de tout cela ? Non seulement il cache notre rebond mais il augmente d’autant le score du PS et de ses alliés.

En réalité, le PS a connu une nouvelle sanction alors que le FDG, lui, progresse sensiblement.

Première raison ; à l’inverse des Municipales, il s’est engagé sur une stratégie nationale d’autonomie claire vis à vis du PS. Il a du coup évité, en prime, les divisions qui ont pollué les élections européennes. L’électorat ne vient pas au secours d’un canard boiteux. Cette fois, il a jugé du coup utile de se déplacer davantage d’autant que les choix étaient clairs (la dispersion de liste étant très limitée, les électeurs ont souvent eu le choix à gauche entre deux listes : celle de la majorité gouvernementale face à celle de l’opposition de gauche). Plusieurs candidatures ont profité de cette « prime à la clarté » comme celle de Claude Chaidron et Dolorès Esteban, pourtant seulement soutenue par le PG et Ensemble, qui se retrouve face au FN au 2ème tour à Amiens 1 après avoir éliminé celle défendue par le PS.

Cela ne règle pas toutes les questions, c’est notamment insuffisant pour parler d’alternative mais dans un contexte général de ressac et de victoire de la droite, il s’agit d’un point d’appui sur lequel on peut espérer rebâtir. Après l’échec des Européennes c’est une satisfaction dont nul ne se plaindra.

Le rassemblement avec EELV cela marche

D’autant, et c’est le deuxième élément de satisfaction, que le rassemblement avec EELV, et parfois Nouvelle Donne, dans 448 circonscriptions a marqué des points. Il enregistre une  moyenne de 13,6 %. Un résultat d’autant plus intéressant qu’obtenu sans aucune visibilité ni identifiant national. Cela a évidemment affaibli à son impact dans une élection où les critères nationaux ont pris le pas sur tout autre. Pour preuve, ce résultat augmente dès lors qu’il y a eu une cohérence de liste sur tout un  département - 17,67 % en Ariège, 16,72 % en Lozère,  16 % en Haute-Vienne par exemple – et plus encore sur une ville : 19,25 % à Lille, 19,6 % à Poitiers, 15,83 % à Toulouse, 29 % à Grenoble. Cela confirme l’efficacité encore plus grande de cette association politique dans les centres urbains.

La prime aux démarches citoyennes et aux dynamiques militantes

Les rassemblements élargis prouvent donc leur utilité électorale. Mais ils entrainent d’autant plus d’adhésion qu’ils correspondent à de nouvelles pratiques militantes et à une volonté de déclencher et entretenir une véritable implication citoyenne dépassant les seuls cadres partisans. Quelles qu’en soient, à ce stade, les modalités opérantes. Cela fonctionne par exemple quand le FDG s’est engagé dans un tel processus depuis longtemps. A l’exemple de la Creuse (point de départ de « Limousin Terre de Gauche ») avec une moyenne de 14,94 % dont une pointe à 28,8 % ou des Alpes-de-Haute-Provence où dans quatre circonscriptions les résultats culminent à 22, 28, 25, 26 % ! On l’a vu plus haut, cela a de nouveau fonctionné parfaitement à Grenoble, où l’articulation entre unité des partis et démarche citoyenne, exemplaire aux Municipales, permet d’être au 2ème tour dans 3 des 4 cantons de la ville. Dans la Drôme, le même type de démarche a permis, par une alliance du FDG dans son ensemble et d’EELV, de qualifier ses binômes au 2ème tour à Dieulefit et dans le pays Diois. C’est un processus comparable qui explique les succès de Poitiers ou Lille où pourtant le rassemblement FDG / EELV n’était pas écrit à l’avance ou encore à Clichy-la-Garenne avec plus de 15% des voix. Même bonus évident là où des démarches de type « majorité citoyenne », se sont appuyées sur des assemblées citoyennes souveraines : à Toulouse, Alternative Citoyenne obtient 15,87 de moyenne (malgré des listes concurrentes du PCF), dans le Jura les résultats s’étalent entre 10 et plus de 20 % dans plusieurs circonscriptions pourtant difficiles pour la gauche ou encore l’Aveyron avec 15,22 % sur 19 cantons dont celui de Rodez - Onet qui voit notre CG sortant, M. Jean-Louis Roussel, au 2ème tour avec 23,86 %.

Il se sera donc passé quelque chose finalement à ces élections du côté de l’Autre gauche. On espérait quelques bonnes surprises, les listes que nous soutenions ont fait mieux, démontrant une disponibilité de l’électorat dès lors qu’elles se révèlent crédibles et utiles.  Le résultat est meilleur en cas de rassemblement plus large et encore plus satisfaisant lorsque ces candidatures s’appuient sur une dynamique citoyenne et militante. C’est cette démarche, complémentaire, qu’il faudra entretenir à l’avenir ce qui évidemment doit interpeller non seulement les partis du FDG mais aussi nos potentiels partenaires dont au premier plan EELV mais aussi Nouvelle Donne ou le NPA. Il faudra faire preuve d’audace si, pour déjouer un contexte global pour le moment mauvais, on veut ramener une partie des abstentionnistes dans l’action politique. Car, pour finir, si malgré tous les pronostics, la participation a été meilleure que prévue (en hausse de 5 points par rapport aux Européennes et Cantonales 2011), elle reste le phénomène politique premier notamment dans les départements et quartiers populaires (un tiers de participation dans le 93). Or rien ne sera possible sans le retour, là aussi, du peuple aux affaires.  

Le deuxième tour

Les élections ne sont bien sûr pas terminées. Leur physionomie prendra tout son sens dimanche prochain. D’ici là, il nous faut se mobiliser autour de nos candidats pour faire élire le maximum de conseillers départementaux de résistance. Ils seront utiles. Comme sera évidemment précieux de conserver les départements gérés par le FDG tel le 94 dont les habitants auront plus que jamais besoin d’un bouclier social contre la politique d’austérité du gouvernement.

Pour le reste, le PG a décidé de ne pas donner de consignes de vote. La droite est menaçante mais la seule responsabilité est du côté de l’Elysée et de Matignon. Plus que jamais, pour l’avenir, la situation réclame une grande lisibilité. Dans ce cas, le traditionnel désistement républicain n’a guère de sens quand des candidats « de gauche » soutiennent un gouvernement qui fait une  politique de droite. Ce sera donc aux candidats du PS de convaincre nos électeurs de l’utilité de voter pour eux contre la droite. Il n’est pas sûr que laisser à Manuel Valls le soin de mener la campagne leur facilitera le travail. Toutefois, en adversaire le plus résolu du FN et des valeurs d’extrême-droite, nous appelons à faire barrage contre ce parti. Un appel qui ne concerne pas les duels avec l’UMP qui banalise le FN à force de tirer un trait d’égalité entre lui et le FDG et de recycler une partie de ses valeurs.

Au delà de cette prise de position nationale, nous laissons aussi le soin aux véritables collectifs (assemblées citoyennes ou autres) qui se sont constitués autour des candidatures d’affiner leur position pour le 2ème tour. Vouloir l’implication citoyenne c’est aussi laisser aux citoyens et/ou militants qui se sont impliqués dans la compagne, leur souveraineté collective sur ce type décision.

Note : l'analyse de Roger Martelli http://www.regards.fr/web/article/departementales-front-de-gauche-la

Eric Coquerel

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MessageSujet: Entre crise politique et résistance (Laurent Maffeïs et Matthias Tavel)   Ven 27 Mar - 14:10

Jeudi 26 mars 2015

Entre crise politique et résistance

Une forte abstention populaire

Même si l’abstention n’atteint pas le niveau pronostiqué par les médias, elle reste élevée. Un électeur sur deux ne s’est pas déplacé, signe de défiance face à des règles du jeu obscures et instables et donc largement illégitimes. L’abstention reste beaucoup plus importante qu’aux municipales de 2014 (39%) et aux législatives de 2012 (44%). Elle recule un peu par rapport aux cantonales de 2011 (55%) mais reste très élevée par rapport aux trois cantonales précédentes de la décennie (2001, 2004 et 2008) où l’abstention était autour de 35%. Cette élection montre donc que le système représentatif de la Vème République reste en crise. Les fanfaronnades de Le Pen, Sarkozy et Valls sur leurs capacités respectives à remobiliser les électeurs ne doivent pas faire illusion. Surtout Valls avec 63% d’abstention dans sa ville d’Evry. Le nouveau tripartisme n’entraîne pas de renouveau civique. Et l’abstention reste socialement très marquée avec des pics en Seine-Saint-Denis (63%) et de gros écarts au sein d’un même département. Ainsi dans les Hauts-de-Seine, elle oscille entre 64% à Gennevilliers, ville pauvre et 47% à Antony dans le fief de Patrick Devedjian.


Hollande, Valls : liquidateurs de la gauche

« Le plus mauvais score pour la gauche aux élections cantonales depuis 1945 ». Le verdict sans appel est livré par Olivier Duhamel, professeur de science politique et ancien député européen PS. Après les défaites des municipales, européennes et sénatoriales, ce qu’il est convenu d’appeler « la gauche » dans toutes ses composantes subit une nouvelle lourde défaite. Le total des candidats présentés par le PS comme par ses adversaires de gauche atteint péniblement 36,85%. C’est 13 points de moins que le « total gauche » au premier tour des élections cantonales de 2011.
Ce faible niveau semble désormais l’étiage habituel, tout proche du plus-bas historique des européennes (34%). L’addition de tous ces candidats parvient tout juste à contenir le total de la droite UMP-UDI-Divers droite qui obtient un résultat national équivalent (36,56%). Auquel il faut ajouter le score du FN (25,19%) pour mesurer l’étendue de la liquidation provoquée par la politique de François Hollande.
En nombre de voix, la dégringolade est spectaculaire. Avec 7,5 millions de voix, les électeurs de gauche toutes nuances confondues sont un tiers moins nombreux que lors des cantonales précédentes (2008 et 2011 cumulées pour couvrir tout le territoire). Un écart colossal. L’absence d’élections dans la nouvelle métropole de Lyon cette année est très loin d’expliquer à elle seule cette hémorragie de plus de 3 millions de voix !

PS et Valls lourdement battus

Le principal boulet pour la gauche c’est évidemment le PS. Avec 13,34% sous ses propres couleurs, le PS est en-dessous de son plus bas des européennes (13,9%). Il surnage uniquement grâce à l’ajout des 8,2% des candidatures « d’Union de la gauche » qu’il soutenait souvent avec le PRG, mais aussi ici avec le PCF, ou là avec EELV voire avec tous ceux là (comme en Essonne). Le tout lui permet de franchir tout juste la barre des 20% quand le PS seul obtenait 25 à 27% en 2008 et 2011.
Pour masquer son échec, Manuel Valls ne rechigne devant aucun mensonge. Dès 20h10 le dimanche soir, il se félicitait que « le total des voix de gauche atteint l’équivalent de celui de la droite » se souvenant fort-à-propos de l’existence de cette gauche qu’il combat chaque jour par sa politique.
Mais Valls n’a pas le choix. Car la réalité est loin du « score honorable pour la majorité » qu’il prétend. La sanction des urnes est profonde. Le PS et ses alliés sont ainsi éliminés dès le 1er tour dans plus d’un canton sur quatre. Au total, le PS devrait perdre la moitié des départements qu’il dirige. Le PS va ainsi perdre le conseil général du Nord, présidé jusqu’à il y a peu par le ministre de la Ville Patrick Kanner. Si celui-ci peut encore espérer sauver son siège, ce ne sera pas le cas de ses camarades dans 27 et 41 cantons où le PS est éliminé dès le 1er tour. Même situation en Isère où le ministre et ancien président du conseil général André Vallini sauvera peut-être son siège mais que le PS devrait perdre. En Ile-de-France, le PS a déjà perdu dès le premier tour la Seine-et-Marne et est très menacé dans l’Essonne, fief de Manuel Valls où seule la progression du FN lui laisse un espoir.
A l’image de l’Essonne, l’échec de Valls n’est pas seulement électoral. Il est politique. Sa ligne du « tous derrière le PS face au FN » est un échec. Le cas du Haut-Rhin est emblématique du désastre provoqué par Hollande et Valls, comme de l’inefficacité de leur prétendue solution. Dans ce département historiquement acquis à la droite, la « gauche » présentait des candidatures uniques dans tous les cantons. Bilan ? Eliminée dès le 1er tour dans 14 des 17 cantons, la gauche devrait finir avec 0 élus malgré 9 élus sortants.

La droite l’emporte, sans dynamique

Alors que le FN était sorti en tête des européennes, la droite sarkozyste reprend la tête. Avec 36% des voix, elle est loin de caracoler. Mais, au soir du second tour, elle devrait effacer d’un seul coup plusieurs revers consécutifs aux cantonales. Cette victoire n’efface pas les contradictions de la droite : est-elle une victoire de la campagne Sarkozy tournée vers le FN ? Ou celle de la stratégie Juppé d’alliance systématique avec l’UDI et le Modem ?
Dans de nombreux départements, la droite et le FN sont tous les deux à de hauts niveaux, la droite effaçant le petit creux des européennes pour retrouver le niveau des scores cumulés de Bayrou et Sarkozy à la présidentielle. C’est le cas dans plusieurs départements de droite comme le Morbihan, la Côte d’Or, l’Ain. Ce haut niveau cumulé du FN et de l’UMP se retrouve aussi dans des départements de gauche comme la Seine-Saint-Denis ou le Val de Marne où le total droite+FN approche ou égale 50% ! En revanche, la théorie des « vases communicants » à droite semble perdurer dans d’autres territoires, notamment là où le FN s’est renforcé ses dernières années au point de vampiriser tout ou partie de la droite (Béziers, Beaucaire, Hénin-Beaumont…).

Le FN s’enracine

En dépit de l’énorme aide médiatique qu’elle a reçue, Marine Le Pen ne remplit pas son objectif de hisser le FN comme premier parti de France. Sa percée des européennes est néanmoins confortée puisqu’il continue de progresser en voix, avec 5,1 millions de voix contre 4,7 millions aux européennes. Le fait que la droite se redresse fortement dans le même temps montre que les bases du FN dépassent désormais largement les clivages et les sociologies. Il reste en effet en tête dans 41 départements, dont une vingtaine où il dépasse les 30%. Il n’enregistre cependant pas d’élargissement géographique en concentrant ses plus forts résultats sur le nord, l’est et le sud-est du pays. Là où il avait déjà éliminé la droite aux municipales, il conforte ses positions comme à Fréjus, Hénin-Beaumont ou Béziers.

La manip’

Comme pour les municipales, le ministère de l’Intérieur a bidouillé les « nuances » attribuées à chaque binôme de candidats pour totaliser les résultats. Les binômes PG-EELV et FDG-EELV ont ainsi été éclatés entre nuance FDG, nuance EELV mais le plus souvent purement et simplement noyés avec les « divers gauche ».
Pour remplumer le PS et effacer ses adversaires de gauche, Valls a lui-même repris ce total bidon clamant que le PS avec « ses alliés divers gauche et radicaux de gauche » devancerait le FN avec 28% contre 25%, et s’approprie ainsi sans vergogne les voix de nombreux opposants de gauche. Les sondeurs et médias lui avaient mâché le travail dès 20h. IPSOS et France2/France3 plaçaient ainsi « le PS et ses alliés » à la deuxième place à 20h grâce à cette manip, certes rendue possible par l’absence de label national pour regrouper ces binômes de l’autre gauche rassemblée. Mais le PS va devoir trouver d’autres subterfuges car cette situation ne devrait pas se reproduire aux régionales que le nouveau découpage en 13 grandes régions rapprochent très fortement des européennes et de leur dimension nationale.

Bonne résistance de l’opposition de gauche

En dépit de configurations variables, l’autre gauche redonne à voir une capacité de résistance. Cela tient pour beaucoup aux alliances élargies du PG ou du FDG avec EELV. Et encore plus aux démarches citoyennes initiées dans certains départements. Ce sursaut est néanmoins rendu largement invisible par les médias. Ainsi à 20h le score du Front de Gauche et de ses alliés oscillait entre 5 et 10% selon les chaînes regardées. En réalité le Front de Gauche progresse par rapport aux précédentes cantonales, avec 9,4% contre 8,9 en 2011, en moyenne là où il se présentait. Les efforts de rassemblement avec EELV ont été plus efficaces encore, puisque sur les 448 cantons concernés, les alliances FDG/PG avec EELV réalisent 13,6% en moyenne. Ces alliances réalisent des scores frisant les 20% dans les centres urbains de Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand ou encore Poitiers. Mais aussi dans la Drôme ou en Lozère.

Succès des démarches citoyennes

La performance a été encore plus nette quand ces candidatures ont valorisé une démarche citoyenne plutôt que les étiquettes de leurs composantes. Ce fut notamment le cas à Toulouse et dans le Jura.
Les électeurs ont souvent disqualifié les divisions identitaires au sein de l’autre gauche : les duels entre des rassemblements comprenant PG, d’autres forces du Front de Gauche et EELV face au PCF ont le plus souvent été perdus par le PCF. C’est en particulier le cas à Toulouse où les candidatures Alternative citoyenne ont balayé celles systématiquement présentées par le PCF.
Les candidatures de l’autre gauche restent aussi dans plusieurs départements la seule force de résistance face au FN. Par exemple à Nîmes où le FDG est la seule force de gauche qui arrive à se maintenir au 2nd tour. Et jusque dans la circonscription de Gilbert Collard à Saint Gilles où le candidat PG-FDG réalise prés de 11%.

Laurent Maffeïs et Matthias Tavel

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