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 Marine Le Pen décroche les millions russes + Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen + Au FN, rien ne change + Front National : l’insulte aux Lyonnais (Parti de Gauche) + Discours social du Front National : la grande escroquerie (Humanité)

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MessageSujet: Marine Le Pen décroche les millions russes + Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen + Au FN, rien ne change + Front National : l’insulte aux Lyonnais (Parti de Gauche) + Discours social du Front National : la grande escroquerie (Humanité)   Sam 22 Nov - 19:20

Samedi 22 novembre 2014

Marine Le Pen décroche les millions russes

La présidente du Front national a obtenu, en septembre, un prêt de 9 millions d’euros de la First Czech Russian Bank (FCRB). Les fonds ont déjà été partiellement versés au parti à hauteur de 2 millions d’euros. À l’approche du congrès du FN, ce financement, obtenu après un intense lobbying des dirigeants frontistes à Moscou, pose la question de l’origine des fonds et d’une éventuelle ingérence étrangère dans la vie politique française.

Le Front national, nouveau « parti de l’étranger » ? La question risque de hanter le congrès du parti d’extrême droite, qui s’ouvre samedi prochain, au centre des congrès de Lyon. Selon les informations obtenues par Mediapart, la présidente du FN a décroché, en septembre, un prêt de 9 millions d’euros de la First Czech Russian Bank (FCRB), une banque fondée en République tchèque aujourd’hui basée à Moscou.

Les fonds ayant déjà été partiellement versés au parti, à hauteur de 2 millions d’euros, la nouvelle du déblocage de l’argent russe a fini par sortir du premier cercle des conseillers de Marine Le Pen. « Le prêt est arrivé », a confirmé à Mediapart un membre du bureau politique. Un proche conseiller de la présidente du FN confirme lui aussi à Mediapart la signature de ce prêt, d’un taux d’intérêt fixé a 6%, qui offre au parti un droit de tirage « selon les besoins de financement ». C'est le député européen Jean-Luc Schaffhauser, ancien consultant de chez Dassault, qui a servi de " go-between " en Russie pour acter le principe de ce prêt.

Le déblocage de ce prêt au Front national par une banque russe survient à un moment critique des relations entre l'Union européenne et la Russie, mises à mal par la crise ukrainienne. Cinq banques publiques russes (Sberbank, VTB Bank, Gazprombank, Vnesheconombank et Rosselhozbank) sont visées par les sanctions, et 119 personnes, parmi lesquelles des oligarques et des banquiers, sont interdites d'entrée sur le territoire de l'UE. L'un des contacts du FN, le député Alexander Mikhailovich Babakov, est d'ailleurs visé par cette mesure.

Si l’on en croit Marine Le Pen, c’est à contrecœur que le Front national s’est tourné vers les banques étrangères. « Notre parti a demandé des prêts à toutes les banques françaises, mais aucune n’a accepté, a-t-elle expliqué, le 23 octobre, à L’Obs. Nous avons donc sollicité plusieurs établissements à l’étranger, aux États-Unis, en Espagne et, oui, en Russie. » La présidente du FN expliquait attendre encore « des réponses », et ne pas savoir quelles banques avaient été sollicitées : « C’est le trésorier qui s’occupe de ça », signalait-elle. « L’idée est, bien sûr, de rembourser ces prêts », croyait-elle nécessaire de préciser à l’hebdomadaire.

« On a pris des contacts avec beaucoup de banques françaises et européennes, a expliqué Me Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national à Mediapart, fin octobre. C’est niet en France. Ils ne prêteront pas un centime après le rejet des comptes de Nicolas Sarkozy. Nous, on a élargi le cercle. Ce genre de négociations, plus c’est discret mieux c’est. On a pris des contacts avec les plus grosses banques. On a envoyé des lettres, c’est tout. La plupart du temps, on n’a pas de réponse. » Le trésorier ne confirmait pas encore la signature de l’emprunt russe, intervenue en septembre.

Marine Le Pen, Louis Aliot et Thierry Légier reçus par Sergueï Narychkine, un proche de Vladimir Poutine, le 19 juin 2013. © dr

Sollicitée par l'intermédiaire de son chef de cabinet et du directeur de communication du Front national, Marine Le Pen n'a pas donné suite. « Comme d'habitude, je ne réponds pas à Mediapart. Marine Le Pen ne vous répondra pas », a indiqué Philippe Martel, son chef de cabinet. « Merci mais je n'ai pas l'intention de vous répondre », a également fait savoir à Mediapart Wallerand de Saint-Just. Finalement joint samedi après-midi, après la publication de cet article, Jean-Luc Schaffhauser a confirmé son rôle central dans l'obtention de ce prêt. « Nous avons fait notre travail, il n’y a rien de répréhensible », a-t-il admis, tout en déplorant l’exposition médiatique de ses « amitiés et réseaux ».

« Les banques sont très frileuses pour prêter aux partis politiques, quels qu’ils soient, confie un membre du bureau politique du parti. Ce n’est pas un boycott du Front national, c’est une crainte généralisée. À partir du moment où ce n’est pas un don, ni une subvention, ce qui serait interdit venant d’un État étranger, cela ne me choque pas. »

« Pourquoi ce ne serait pas une bonne nouvelle d’avoir trouvé une banque qui prête ? », a réagi le russophile Christian Bouchet, secrétaire départemental adjoint du FN en Loire-Atlantique et ancien nationaliste révolutionnaire. C’est pas pire que d’aller emprunter à Kadhafi. Pourquoi pas une banque russe ? Ce qui intéresse les militants de base et les cadres moyens, c’est que Paris nous verse notre part tous les ans. L’argent n’a pas d’odeur, c’est surtout ça. »

L’obtention de ce prêt est le résultat d’un rapprochement politique engagé par Marine Le Pen dès son arrivée à la tête du Front national en 2011, lorsqu’elle dit « admirer » Vladimir Poutine. Un lobbying intense a été mis en œuvre en direction de Moscou parallèlement aux visites de la présidente du FN sur place. Marion Maréchal-Le Pen s’y rend en décembre 2012, Bruno Gollnisch, en mai 2013. Après une visite en Crimée, Marine Le Pen y va en juin 2013 avec Louis Aliot. Elle est reçue par le président de la Douma, Sergueï Narychkine, un ancien général qui a connu Poutine au KGB et au FSB (sécurité de l'État). Elle rencontre aussi Alexeï Pouchkov, qui dirige le comité des affaires étrangères de la Douma, et le vice-premier ministre Dmitri Rogozine.

Marine Le Pen reçue par Dmitri Rogozine, vice-premier ministre russe, le 21 juin 2013. © Twitter / Ludovic de Danne

Marine Le Pen se fait alors l’apôtre de « l’approfondissement des liens entre la France et la Russie ». « Je pense que nous avons des intérêts stratégiques communs, je pense que nous avons aussi des valeurs communes, que nous sommes des pays européens, affirme-t-elle. J’ai le sentiment que l’Union européenne mène une guerre froide à la Russie. La Russie est présentée sous des traits diabolisés (…) une sorte de dictature, un pays totalement fermé : cela n’est pas objectivement la réalité. Je me sens plus en phase avec ce modèle de patriotisme économique qu’avec le modèle de l’Union européenne. » Une vraie déclaration d’allégeance politique. L’un des conseillers officieux et prestataires de service de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, est présent à Moscou au même moment.

En avril 2014, la présidente du Front national retourne à Moscou, cette fois-ci en visite privée, pour y revoir Sergueï Narychkine. Son engagement pro-russe s'illustre à chaque visite. Les Russes, de leur côté, courtisent depuis plusieurs années l'extrême droite française, et réservent un bon accueil à Marine Le Pen. « Vous êtes bien connue en Russie et vous êtes une personnalité politique respectée », lui avait lancé Sergueï Narychkine lors de sa visite en 2013, selon Le Figaro

Comme l’a signalé L’Obs, elle rencontre fréquemment en privé l’ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov. Ses entrées en Russie sont favorisées par les relations sur place d’Aymeric Chauprade, son éminence grise durant quatre ans, devenu officiellement son conseiller international à l'automne 2013, et le moteur de l’alliance pro-russe.

Aymeric Chauprade lors de la présentation de sa candidature par Marine Le Pen, le 24 avril.

Chauprade avait lancé un appel devant la Douma, en juin 2013, visant à résister à « l’extension mondiale des droits des minorités sexuelles ». Il est invité à plusieurs reprises à Moscou jusqu’en septembre dernier, après avoir été, en mars 2014, l’un des « observateurs » du référendum organisé par les séparatistes en Crimée.

Aymeric Chauprade et Konstantin Malofeev lors du World Congress of Families, le 10 septembre 2014, à Moscou. © Blog du chercheur Anton Shekhovtsov

Consultant international à Vienne, au sein du cabinet Lee & Young GMBH, élu député européen en juin, Chauprade est en relation avec un oligarque clé du régime, proche de Poutine, Konstantin Malofeev, qui est à la tête du fonds d’investissement Marshall Capital, et de la fondation Saint-Basile-le-Grand, la plus importante organisation caritative orthodoxe russe. Le 31 mai 2014, les deux hommes se sont rencontrés à Vienne lors d’une célébration des « 200 ans de la Sainte alliance », réunissant près d’une centaine d’invités à huis clos, puis le 12 septembre, lors de la visite d’une délégation de députés français, à l’hôtel Président à Moscou.

« Je ne crois pas que l'on touche de l’argent du Kremlin »

Mais c’est un troisième homme qui a permis au Front national d’obtenir un financement bancaire en Russie : Jean-Luc Schaffhauser, ancien consultant de chez Dassault, propulsé l’hiver dernier tête de liste aux municipales à Strasbourg puis, au printemps, 3e sur la liste Île-de-France aux européennes. Schaffhauser aurait présenté Marine Le Pen à un puissant député nationaliste, Alexander Mikhailovich Babakov – conseiller du président Poutine en charge de la coopération avec les organisations russes à l’étranger – lors d’un voyage resté confidentiel en Russie, en février. Lors de ce déplacement, la présidente du Front national aurait rencontré Vladimir Poutine, et enclenché la recherche d’un organisme susceptible de faire un prêt au Front national.

Élu à la Douma, Alexander Mikhailovich Babakov, ancien chef du parti nationaliste Rodina, responsable de la commission en charge du développement du complexe militaro-industriel de la Fédération de Russie, a fait son apparition sur la liste des personnes visées par les sanctions de l’Union européenne consécutives à l’intervention russe en Ukraine.

Jean-Luc Schaffhauser, eurodéputé élu le 25 mai sur la liste d'Aymeric Chauprade. © eurojournaliste.eu

Aujourd’hui député européen, M. Schaffhauser a précisé dans sa déclaration d’intérêts avoir été consultant spécialisé dans « l’implantation de sociétés à l’étranger et dans la recherche de financement pour sociétés ». Cet ancien centriste, qui n'est pas membre du Front national, est très actif sur la question de l'Ukraine, au parlement européen comme dans certains médias pro-russes. Il s'est d'ailleurs rendu en Ukraine comme « observateur » des élections séparatistes en novembre et en Crimée en mars lors du « référendum ».

Homme d'affaires et intermédiaire avant d'être député, Schaffhauser s'est vanté auprès de certains dirigeants frontistes d'avoir apporté l'emprunt russe à Marine Le Pen. Il fallait certainement de bonnes connexions pour dénicher ce petit établissement. Créée en République tchèque, en 1996, la First Czech Russian Bank (FCRB) a été progressivement reprise par le géant russe Stroytransgaz – leader dans la construction de gazoducs –, avant de basculer entre les mains de Roman Yakubovich Popov, un ancien chef du département financier de Stroytransgaz.

Roman Yakubovich Popov le 8 septembre 2011, à une soirée où était présent Dmitri Medvedev. © clubdsr.ru

Aujourd’hui « banquier indépendant » basé à Moscou, Popov a créé au sein de la First Czech Russian Bank (FCRB) plusieurs filiales, notamment la European Russian Bank destinée à s’ouvrir aux pays européens, notamment l’Italie. Alors que son établissement a été classé 42ème banque russe, Roman Yakubovich Popov apparaît bien placé dans l’establishment moscovite. Il a co-présidé l’anniversaire des 50 ans du vol spatial de Youri Gagarine aux côtés du premier ministre de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev.

Le recours à cette banque, de dimension modeste et peu connue, plutôt qu'à un établissement de premier plan, pose question sur le dispositif de financement trouvé par le Front national, et l'origine des fonds mis à disposition du parti français. D'autant que cette banque est de facto entre les mains d'un ancien cadre bancaire de l'État.

Le Kremlin a en tout cas toutes les raisons d'encourager en France une force politique qui lui est aussi favorable, et d'autant plus si Le Pen fait figure d'alternative à droite. « La Russie a tout intérêt à avoir une partie du monde politique en France qui ne lui soit pas hostile. Cela ne me semble pas idiot. On est quand même pas tous obligés de trouver que les États-Unis sont le summum de la civilisation mondiale », estime le russophile Christian Bouchet. « Il y a parmi les vecteurs d’opinion de la Russie le Front national et certains députés UMP, c'est un fait acquis. Maintenant je ne crois pas que l'on touche de l’argent du Kremlin », explique un dirigeant du FN.

La First Czech Russian Bank (FCRB). © Google Street View

« Légalement, rien n’interdit à un parti politique de contracter un emprunt auprès d’une banque française ou étrangère, à la condition bien sûr que le prêt ne dissimule pas un don de personne morale ou un blanchiment d’argent », remarque Me Jean-Christophe Ménard, avocat spécialisé en droit du financement politique, ancien rapporteur auprès de la commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP).

Dans les années 1990, les dirigeants du Parti républicain (PR) avaient eu recours à un prêt fictif souscrit auprès d'une banque italienne, le Fondo. Alors dirigeants de ce parti, l’ancien ministre de la défense François Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres ont été condamnés pour « blanchiment » dans cette affaire, en février 2004.

« L’origine des fonds prêtés au parti est évidemment cruciale, poursuit l'avocat. Dans le cas présent, il faudrait s'intéresser aux conditions de l'emprunt ou bien encore à l'éventuelle participation de l'État russe au capital de la banque. Le problème est que la CNCCFP ne dispose pas des compétences lui permettant de contrôler la légalité de ce type de montages financiers, parfois complexes. »

« Un parti a tout à fait le droit de contracter un prêt auprès d’une banque à l’étranger, explique-t-on à la CNCCFP. Cela apparaît forcément dans les comptes du parti, mais nous n’avons qu’un montant global des emprunts, seuls les commissaires aux comptes ont les détails en mains et effectuent ce contrôle. Nous exerçons un contrôle sur les dons, pas sur les prêts. »

En revanche, les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi sont aujourd’hui saisis de soupçons d’irrégularités sur les financements du Front national – à travers le micro-parti de Marine Le Pen –, une enquête élargie en septembre à des faits de « blanchiment en bande organisée » liés aux contrats de prêts accordés à des candidats frontistes. Il ne serait pas absurde qu’ils s'intéressent à terme au financement accordé au FN par la First Czech Russian Bank.

Boîte noire

Cet article a été actualisé samedi 22 novembre à 16h10, avec la confirmation de la signature du prêt par un proche conseiller de Marine Le Pen, puis à 17h50 avec la réaction de Jean-Luc Schaffhauser.

Marine Turchi

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MessageSujet: Re: Marine Le Pen décroche les millions russes + Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen + Au FN, rien ne change + Front National : l’insulte aux Lyonnais (Parti de Gauche) + Discours social du Front National : la grande escroquerie (Humanité)   Lun 24 Nov - 9:30


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MessageSujet: Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen (Médiapart)   Lun 24 Nov - 11:25

Lundi 24 novembre 2014

Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen

Une photo révélée par Spécial Investigation (diffusé ce lundi soir sur Canal Plus) montre le trésorier du micro-parti de Marine Le Pen faisant un salut fasciste. Axel Loustau, ancien du GUD, anime avec Frédéric Chatillon le réseau de sociétés qui fournissent le matériel de campagne de la présidente du FN. Des éléments recueillis par Mediapart montrent les curieux rituels de ce cercle qui entoure Marine Le Pen.

Ce sont des photos qui font voler en éclats la stratégie de « dédiabolisation » du Front national. Sur deux clichés qu'a obtenus le journaliste Thierry Vincent et que Mediapart publie, le trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, Axel Loustau, fait un salut fasciste devant ses amis. À Canal Plus, M. Loustau a affirmé qu'il ne faisait que « saluer l'amitié et la présence » de ses « 150 amis ». Pourtant, de nombreux éléments recueillis par Mediapart montrent les rituels obsessionnels du trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, comme de son ami Frédéric Chatillon, anciens membres du Groupe union défense (GUD), qui n'ont cessé de fréquenter la mouvance néofasciste européenne.

Axel Loustau et les responsables de Jeanne sont déjà au cœur d'une information judiciaire ouverte en avril sur des soupçons de « faux et usage de faux », d’« escroquerie en bande organisée », et élargie à de possibles faits d’« abus de biens sociaux » et « blanchiment en bande organisée », concernant le fonctionnement de l'association de financement de Marine Le Pen. Les enquêteurs se penchent notamment sur le système de prêts accordés aux candidats FN et la vente de kits de campagne.

La scène de la photo se déroule sur une péniche près de la tour Eiffel, à l’occasion du 40e anniversaire d'Axel Loustau, en février 2011. Parmi les invités figurent le vieil ami de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, ancien leader du GUD, et Minh Tran Long, ancien de la FANE, un groupuscule violent et ouvertement néonazi dissous dans les années 1980.

Axel Loustau lors de son 40e anniversaire, en 2011, sur une péniche, à Paris. © Thierry Vincent / Mediapart

Axel Loustau (au centre) devant ses invités, à ses 40 ans, en 2011. À droite, Frédéric Chatillon. À gauche, Minh Tran Long. © Thierry Vincent / Mediapart

Mediapart a questionné Frédéric Chatillon et Axel Loustau au sujet de ces photos, ils ont tous deux réagi par l'envoi de « mises en demeure » de leurs avocats, expliquant qu'ils engageraient « sans délai une procédure pour diffamation » et « violation de la vie privée », en cas de publication de notre article (lire notre boîte noire). Notre confrère de Canal Plus a reçu la même mise en demeure de la part d'Axel Loustau. Marine Le Pen a fait savoir le 19 novembre par son chef de cabinet qu'elle « ne souhait(ait) pas réagir à (notre) article ».

Ces photos du trésorier de Jeanne sont révélées dans un documentaire de Canal Plus consacré à la recrudescence des violences à l’extrême droite, qui sera diffusé ce lundi soir dans l’émission Spécial Investigation. Pendant un an et demi, le journaliste Thierry Vincent a enquêté sur des violences ou agressions commises par des groupuscules d’extrême droite à Paris, Lyon, Lille, Clermont-Ferrand (notamment sur la mort du militant antifasciste Clément Méric). L'une des séquences est consacrée à Axel Loustau :


Cet ami et associé de Frédéric Chatillon fait partie du cercle des anciens du GUD, qui occupe une place grandissante auprès de la présidente du Front national. S’ils ne sont pas encartés au FN, ils travaillent avec lui, via leurs sociétés. Frédéric Chatillon a été le prestataire phare de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012. Axel Loustau et sa société Vendôme Sécurité ont assuré à plusieurs reprises la sécurité des Le Pen lors de meetings et événements frontistes. Déjà prestataire de la campagne 2012 de Le Pen, Minh Tran Long travaille avec la plus grande mairie FN, Fréjus. Tous trois sont au cœur du QG de la rue des Vignes, dans le XVIème arrondissement de Paris, où sont installés les prestataires de confiance de Marine Le Pen, et où elle se rend parfois.

Axel Loustau, à droite de Grégoire Boucher, organisateur avec l'oreillette, lors du «Jour de colère» à Paris le 26 janvier 2014. © M.T. / Mediapart

Candidat FN aux législatives de 1997, Axel Loustau, 43 ans, apparaît régulièrement dans des manifestations de l'extrême droite la plus radicale, à Paris : au traditionnel défilé du 9 mai ; au « Jour de colère », mobilisation ponctuée de slogans antisémites, en janvier, où Mediapart l'a aperçu aux d'un organisateur ; ou encore à une manifestation des identitaires, en octobre 2010, où il était venu surveiller la nouvelle génération du GUD.

M. Loustau a aussi participé aux débordements en marge de manifestations contre le mariage pour tous, aux Invalides, à Paris, où il a été interpellé le 23 avril 2013. Malgré cela, il a été promu au fil des années. Il a été propulsé, en mars 2012, au poste clé de trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen. En septembre dernier, il est devenu, d’après Le Monde, le responsable du cercle Cardinal, un nouveau cercle du FN rassemblant des petits patrons.

D'après plusieurs documents et témoignages d'anciens de ce cercle du GUD recueillis par Mediapart, le bras tendu d'Axel Loustau n'est pas un geste anecdotique. De fait, s'ils ne sont plus officiellement aux manettes du groupe radical, les anciens gudards qui entourent Marine Le Pen – Frédéric Chatillon, Axel Loustau et Olivier Duguet (trésorier de Jeanne entre 2010 et 2012, condamné en juin 2012, condamné en juin 2012 dans une affaire d'escroquerie au préjudice de Pôle emploi) –, en ont gardé les traditions et le folklore.

Craignant des menaces ou des représailles, plusieurs témoins n'ont accepté de nous livrer leurs récits qu'à condition que leur anonymat soit préservé, mais certains d'entre eux se disent prêts à témoigner devant la justice. Un seul a accepté d'apparaître. Denis Le Moal, militant du GUD entre 1986 et 1995, qui a « beaucoup côtoyé Frédéric Chatillon », a livré en janvier un témoignage inédit, publié sur Mediapart, remis au tribunal de grande instance de Paris par le journaliste Frédéric Haziza, dans le cadre d'une procédure en référé engagée par Chatillon pour faire censurer des passages de son livre. Depuis, l'ancien gudard a donné à Mediapart un grand nombre de détails, malgré les « menaces de mort » qu'il affirme avoir reçues après s'être exprimé.

Marine Le Pen avec Frédéric Chatillon et Axel Loustau (à droite), en novembre 2013, à Paris. Dossier Figaro Magazine (mai 2014). © Julien Muguet / IP3 Press / MaxPPP

Il faut dire que les gudards se sont déjà montrés menaçants. L'ancien rédacteur en chef de Minute, Bruno Larebière, a été frappé en public par Frédéric Chatillon, en juin 2010. Un mois plus tôt, nos confrères du Monde avaient raconté les menaces (et crachat) reçus de la part d'Axel Loustau lors du traditionnel défilé de l'extrême droite radicale. Sur Twitter, M. Loustau s'en est aussi pris à Mediapart (ici et là) et s'est amusé à poster la photo de l'auteure de ces lignes la veille d'une manifestation que nous couvrions. Lors de son enquête pour Canal Plus, Thierry Vincent a lui aussi fait l'objet d'intimidations de l'extrême droite.

Contacté par Mediapart, seul Minh Tran Long a accepté de confirmer sa présence à l'anniversaire d'Axel Loustau. « Cette soirée était festive, déclare-t-il, pour ma part aucune allusion et aucun doute possible. Tout sera toujours pris dans le sens qui intéressera vos médias. » « Cela m'étonne qu'une telle photo ait pu paraître, surtout si je suis dessus », ajoute-t-il. Sollicité, Olivier Duguet n'a pas répondu à nos questions.

Des rencontres avec l'ancien Waffen-SS Léon Degrelle

Que disent les témoignages recueillis par Mediapart ? Ils évoquent les soirées réunissant la fine fleur du GUD des années 1990, autour du trio Chatillon-Loustau-Duguet, dans leur quartier de prédilection, place Léon-Deubel, dans le XVIème arrondissement de Paris, dans un bar ou dans les locaux de la société d'Axel Loustau.

Olivier Duguet et Frédéric Chatillon lors d'un rassemblement pro-Bachar al-Assad, le 30 octobre 2011, à Paris. © Capture d'écran d'un documentaire de Canal Plus

Leurs sujets favoris restent « les juifs, les camps d'extermination », « Hitler, qu'ils appellent " Tonton " », relate un témoin. « Il n'y a pas une soirée où il n’y a pas un salut nazi. Quand ils sont entre eux, ils se lâchent complètement car ils sont en confiance. Et quand ils sont dans un restaurant où il y a du monde, leur blague est de faire des petits saluts, en levant juste la main. Toutes leurs conversations tournent autour de cela. »

Certains rendez-vous restent dans les mémoires. Comme cette soirée organisée chez un ancien du GUD, à deux pas de la place Charles-de-Gaulle, à Paris, pour commémorer la mort de Jörg Haider, leader de l’extrême droite autrichienne décédé en 2008, connu pour ses propos antisémites. « Il y avait un portrait d’Haider sur la cheminée avec un ruban noir, pour célébrer la perte d’un grand homme. Ils faisaient des saluts nazis », raconte le même témoin. Ou encore la soirée d'anniversaire d’Olivier Duguet, en 2009, à son domicile dans les Hauts-de-Seine : « Des chants nazis étaient passés. Il y avait une quinzaine de personnes, pratiquement toutes chantaient. »

Par mail ou sur Facebook – sur des comptes où ils figurent parfois sous pseudonymes et dont ils changent souvent les noms –, les « blagues » et allusions au nazisme et aux juifs sont « permanentes », affirme l'un des témoins. Sur Facebook, le compte d'un certain « Alex Soulatu » – anagramme d’Axel Loustau et qui affichait sa photo – enchaînait, avec ses amis, des références implicites à la Shoah, ironisant sur « 6 millions de Franciliens inquiétés par le gaz ». Ces publications, datées du 22 janvier 2013 et que Mediapart s'est procurées, ont depuis été supprimées, ainsi que toute la page.

L’antisémitisme n’est pas seulement au cœur de prétendues « blagues ». « Leur référence, c’est Robert Faurisson (historien révisionniste maintes fois condamné pour avoir nié l’existence des chambres à gaz, ndlr) », affirme l'un des témoins. Au fil des années, Chatillon et certains gudards ont d’ailleurs assuré la protection des négationnistes Robert Faurisson et Roger Garaudy (exemple en 1998 – voir ce documentaire à 45'45) lors de leurs procès.

Frédéric Chatillon (au téléphone), lors du procès de Dieudonné et Robert Faurisson, le 22 septembre 2009, à Paris. © Reflexes

Ce récit rejoint le témoignage de l'ancien militant du GUD Denis Le Moal, qui détaille dans une attestation de trois pages (à lire sous notre onglet "prolonger") la « haine maladive des juifs » de Chatillon. Selon lui, « il ne s'agit aucunement d'erreurs de jeunesse », car ses « engagements de jeunesse » et ses « rapports avec les milieux néonazis français ou européens ne se sont jamais démentis ». Frédéric Chatillon, celui qui confectionne le matériel de propagande de Marine Le Pen et l'accompagne dans certains déplacements, connaît bien cette mouvance : il a travaillé lui-même à la principale librairie négationniste de France, Ogmios.

Il raconte ainsi comment, « sous (l')impulsion » de Frédéric Chatillon, « le GUD prit un tournant antisémite et négationniste ». « Nous militions surtout par anticommunisme. Les juifs, avant l’arrivée de Chatillon, ce n’était pas notre problème », explique-t-il. Cette militance au GUD est parfaitement connue de Marine Le Pen : elle a été l'avocate de membres de cette organisation qui ont envahi les locaux de Fun Radio, en 1994.

F. Chatillon (à droite) et Jean-Pierre Emié, dit « Johnny le boxeur » (à gauche), aux 25 ans du GUD, à la Mutualité, à Paris. © Les Rats Maudits

Parmi les nombreux épisodes édifiants relatés par Denis Le Moal, le meeting des 25 ans du GUD, à la Mutualité à Paris, le 3 mai 1993. Organisé par Frédéric Chatillon, il « s’est transformé en réunion faisant l’apologie du nazisme lors de l’intervention du délégué allemand Franck Rennicke, se concluant par une série de “ Sieg Heil ” accompagnés de “ saluts nazis ” », relate-t-il.

Dans Les Rats maudits, un livre publié « sous la direction de Frédéric Chatillon » en 1995 et qui retrace les trente années du GUD, les auteurs expliquent, à l'occasion de ce meeting, que « le danger rouge n'existe plus » et que « l'ennemi change » : « On retrouve aujourd’hui côte à côte les marxistes, les sionistes, et les libéraux alliés contre les défenseurs de l’identité nationale. »

D'après M. Le Moal, Chatillon « organisait » à l'époque, « chaque année », « un dîner le jour de l’anniversaire du “ Führer ” le 20 avril, pour rendre hommage à “ ce grand homme ” ». Présent à l’un de ces dîners, « dans un restaurant de Montparnasse », l'ex-gudard explique que Chatillon était venu avec « un portrait peint d’Adolf Hitler », et qu’il le présenta au cours du dîner « en prononçant ces mots “ mon Führer bien-aimé, il est magnifique ”, avant de l’embrasser ». Il assure aussi que l'ancien président du GUD « organisait, alors qu’il était étudiant, des soirées “ pyjamas rayés ” en allusion aux tenues de déportés juifs ».

Les activistes ultras n'hésitaient pas à rencontrer d'anciens dignitaires nazis. En 1992, Frédéric Chatillon et ses camarades rendent visite, à Madrid, à l'ancien Waffen-SS Léon Degrelle – ce fondateur du mouvement collaborationniste Rex en Belgique, qui estimait qu' « Hitler c’était le génie foudroyant, le plus grand homme de notre siècle ». Dans le documentaire « Léon Degrelle ou la Führer de vivre », diffusé sur la RTBF en 2009, Chatillon raconte, filmé de dos, leurs « dîners » et « réunions » avec l'ancien Waffen-SS, qu'il a vu « régulièrement ». « Il nous donnait l'envie de combattre, enfin de militer pour nos idées. On revenait de là, on était galvanisés. On avait vraiment envie de continuer dans notre engagement, nos idées, c'était vraiment des moments très très forts », témoigne-t-il :


Dans ce film, on voit également Axel Loustau se faire dédicacer, en 1992, le livre de Degrelle, en lui adressant une poignée de main et un « mon Général, c’est un très grand honneur » :

Axel Loustau (à 21 ans) avec Léon Degrelle lui dédicaçant son livre, en 1992, à Madrid. © Documentaire « Léon Degrelle ou la Führer de vivre »

Frédéric Chatillon se serait également vu offrir, par le général Tlass, « à l’occasion de son premier séjour en Syrie », « un magnifique exemplaire de Mein Kampf en arabe », rapporte Denis Le Moal. Ce qui lui aurait valu d’être « interpellé pour un débriefing par les services français à sa descente d’avion », à Paris.

C'est « après cette visite en Syrie » que les actions du GUD prenant « pour cible des intérêts ou symboles juifs en France » auraient commencé, selon M. Le Moal. D'après lui, elles auraient été organisées par Chatillon « du début à la fin ». Il se souvient notamment d'une « attaque de la manifestation de la communauté juive devant l'ambassade d'Allemagne, par une trentaine de gudards », dont « Frédéric Chatillon, Axel Loustau et Olivier Duguet », au début des années 1990.

La proximité de Frédéric Chatillon avec Soral et Dieudonné

Plus récemment, Frédéric Chatillon n’a pas non plus caché sa grande proximité avec les nouveaux " polémistes " antisémites Alain Soral et Dieudonné. À plusieurs reprises, au Zénith et au théâtre de la Main d’Or, il a assisté au spectacle de Dieudonné, « un pote », expliquait-il à Mediapart en 2012. Dans les années 2000, l'ancien leader du GUD est à la confluence du rapprochement des deux hommes avec le Front national.

Frédéric Chatillon, Dieudonné et le négationniste Robert Faurisson, au théâtre de la Main d'or, en 2009. © Reflexes

Il était notamment présent, ainsi que Jean-Marie Le Pen, au Zénith en décembre 2008, lorsque l'humoriste a remis à Faurisson sur scène un prix de « l’infréquentabilité et de l’insolence », apporté par une personne habillée en déporté juif. Ce proche de Marine Le Pen s'amuse depuis à s'afficher sur les réseaux sociaux faisant des " quenelles ", ce geste popularisé par Dieudonné, et considéré par certains comme un « salut nazi à l'envers »  :

F. Chatillon s'affichant sur les réseaux sociaux faisant une quenelle en juillet et août 2013 (avec le boxeur Jérôme Le Banner).

Chatillon escorte Alain Soral lorsqu'il est expulsé d’une dédicace mouvementée à Sciences-Po, en 2006 (voir la vidéo à 7’)


En 2009, c'est Axel Loustau qui assure la protection de Dieudonné, lors d’une manifestation de soutien à Gaza, comme on le voit sur ces images.


Alain Soral et Frédéric Chatillon à la fin des années 2000. Photo postée sur le Facebook d'Alain Soral

Soutien du régime syrien, l'ex-président du GUD s’est rendu en Syrie et au Liban avec Dieudonné et Soral en août 2006 (voir les photos de REFLEXes). Encore aujourd'hui, le tandem Chatillon-Loustau soutient implicitement Soral en relayant sur Internet les attaques visant Aymeric Chauprade, le conseiller international de Marine Le Pen, en conflit ouvert avec le polémiste.

Leur ami Minh Tran Long précise lui qu'il n'a « pas pris part à ces élucubrations » évoquées par Mediapart. « S'ils (Frédéric Chatillon et Axel Loustau, ndlr) sont mis en cause, cela les regarde, mais je ne supporterai pas les amalgames à deux balles. » Ancien de la FANE, organisation néonazie, Minh Tran Long « ne regrette rien » de son militantisme, mais le considère comme « passé » et « derrière (lui) ».

Ces photos montrant Axel Loustau en train de faire un salut fasciste relancent en tout cas la question de l’antisémitisme au Front national. Marine Le Pen, arrivée en 2011 à la tête du parti, a plusieurs fois pris ses distances avec les propos polémiques de son père. Jean-Marie Le Pen s’est illustré par ses propos antisémites (sur les chambres à gaz qualifiées, encore en 2009 3, de « détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », sur un ministre surnommé en 1987 « M. Durafour-Crématoire » ou, en juin, sur la « fournée » et Patrick Bruel).

En 2008, devant le tollé, Marine Le Pen explique qu’elle « ne partage pas sur ces événements la même vision que (s)on père ». L'année suivante, elle indique qu'elle « ne pense pas » que les chambres à gaz « soient un détail de l'Histoire ». En 2011, après son intronisation, elle déclare au Point : « Tout le monde sait ce qui s'est passé dans les camps et dans quelles conditions. Ce qui s'y est passé est le summum de la barbarie. »

Frédéric Chatillon accompagnant Marine Le Pen lors de sa visite en Italie, en octobre 2011. © Capture d'écran d'un documentaire de Canal Plus

Néanmoins, Marine Le Pen n’a jamais retiré à son père son titre de président d’honneur du Front national, ni condamné sur le fond ses propos antisémites. Lorsque, en septembre 2013, un futur candidat frontiste aux municipales dans le Nord poste sur Facebook des publications antisémites, la patronne du FN ne le suspend qu’après qu’un député UMP a médiatisé l'affaire.

Surtout, Marine Le Pen continue de faire travailler et de confier les finances de son micro-parti à ce noyau d’anciens du GUD mené par Frédéric Chatillon. Dès 2007, lorsqu’elle dirige la campagne présidentielle de son père, elle s’ « appuy(e) sur des personnes de l’extérieur et non sur les cadres maison », rapporte Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême droite et du négationnisme, dans sa très documentée Histoire du Front national (Seuil, 2014). L'historienne cite « l’avocat Philippe Péninque, " figure de la droite extrême " et ami de Marine Le Pen », « Frédéric Chatillon, Alain Soral » qui seront « les vrais instigateurs de la campagne " à contre flots " (titre que Marine Le Pen a donné à son livre en 2006, ndlr) ».

« Depuis son accession à la présidence, et bien qu’elle s’en défende, Marine Le Pen préserve des contacts avec l’extrême droite traditionnelle, conclut la chercheuse dans son livre, en évoquant « son ami Frédéric Chatillon », qui « reste en relation avec des néofascistes et la mouvance négationniste de Dieudonné M’Bala M’Bala ».

Louis Aliot, numéro deux du FN, avait expliqué dans un entretien avec l'historienne que « la dédiabolisation (du FN, ndlr) ne porte que sur l’antisémitisme » car « c’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous ». En 2013, la direction du FN a de nouveau demandé à ses candidats de « respect(er) la ligne politique du parti » et de ne « pas se laisser aller à des délires personnels ou idéologiques ».

Et pourtant. Une étude de la Fondation pour l'innovation politique (FondaPol), proche de l'UMP, publiée le 14 novembre, démontre que l'antisémitisme reste fort au Front national. Ce que confirme L'Express, qui a exhumé le 18 novembre des publications antisémites de responsables et ex-candidats frontistes, dont des propos sur les juifs tenus en 2013 sur Facebook par le conseiller économique de Marine Le Pen, Bruno Lemaire. « Il n'est pas contraire à la réalité de penser que le lien des juifs aux puissances financières est une vérité historique – et encore actuelle – mais que la persécution qu'ils ont subie au XXème siècle est là encore une vérité historique », avait-il notamment écrit. Le conseiller a dénoncé un « mauvais procès », tout en justifiant : « C'est peut-être maladroit, mais je pense que c'est important de dire les choses telles qu'elles sont. »

Boîte noire

« Violences d'extrême droite : le retour », une enquête de Thierry Vincent, journaliste indépendant et ancien rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation. Diffusion le 24 novembre à 22 h 50 sur Canal Plus, dans Spécial Investigation. Production Antipode, 52 min.

Sollicitée le 18 novembre par l'intermédiaire de son chef de cabinet Philippe Martel, Marine Le Pen a fait savoir qu'elle « ne souhait(ait) pas réagir à (notre) article ». Sollicité sur son portable et par mail, Olivier Duguet n'a pas répondu. De leur côté, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, à qui nous avons transmis une liste de questions détaillées, ont répondu par l'envoi de deux « mises en demeure » de leurs avocats, que nous publions :

« Madame,
Je vous écris en qualité de conseil de Monsieur Frédéric CHATILLON qui vient de me transmettre le courriel que vous lui avez adressé le 18 novembre 2014 à 22 heures 24.
Les allégations évoquées dans le courriel susvisé étant de nature purement diffamatoires et portant gravement atteintes à l'honneur ainsi qu'à la réputation de mon client, ce dernier me charge de vous indiquer que si par extraordinaire vous publiez l'article envisagé, il engagera sans délai une procédure pour diffamation tant à votre encontre qu'à l'encontre du directeur de MEDIAPART sur le fondement de l'article 42 de la loi du 29 juillet 1881 puis si nécessaire à l'encontre de CANAL PLUS.
Je reste donc dans l'attente de vous lire à cet égard étant précisé que conformément à mes règles déontologiques, vous pouvez remettre une copie du présent courriel à votre conseil habituel afin qu'il prenne attache avec mon cabinet.
Je vous prie de croire, Madame, en l'assurance de ma parfaite considération.
DGNP AARPI
Avocats au Barreau de Paris
Maître Philippe de LA GATINAIS »


« Madame,
Il a été porté à la connaissance de mon client, Monsieur Axel LOUSTAU, un projet d’article dans lequel il serait cité et certaines photographies relatives à sa vie privée diffusées.
Les allégations évoquées dans cet article sont contestées par mon client et manifestement diffamatoires. Elles constituent en outre une atteinte à la vie privée.
Ce dernier me charge de vous indiquer que si par extraordinaire vous publiez l'article envisagé je saisirai immédiatement les juridictions compétentes pour diffamation et violation de la vie privée.
Je reste donc dans l'attente de vous lire et vous remercie de m’indiquer conformément à mes règles déontologiques les coordonnées de votre avocat afin qu'il prenne attache avec mon cabinet.
Je vous prie de croire, Madame, en l'assurance de mes sentiments distingués.
Frédéric Pichon »


Prolonger

Nous reproduisons ci-dessous l'attestation écrite de Denis Le Moal, publiée sur Mediapart le 3 février 2014. Datée du 30 janvier, elle avait été remise au tribunal de grande instance de Paris le 3 février par l'avocat du journaliste Frédéric Haziza, dans le cadre de la procédure en référée demandée par Frédéric Chatillon pour faire interdire certains passages de son livre Vol au-dessus d’un nid de fachos (Fayard, janvier 2014).

  Attestation



Marine Turchi

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MessageSujet: Au FN, rien ne change (Luc Léandri et Magali Escot)   Mer 26 Nov - 10:44

Mercredi 26 novembre 2014

Au FN, rien ne change

Voilà six mois, le Front National remportait plusieurs communes en France. Le parti de la famille Le Pen veut faire de la gestion de ces villes, un laboratoire, une vitrine de leur capacité à diriger une collectivité. Déjà en 1995, c’était leur ambition avec Toulon, Marignane ou Orange (puis Vitrolles), avec leur lot d’affaires et décisions illégales qui s’en suivirent…


Première confirmation : le Front National est bien le servile serviteur du système puisque partout, ils appliquent avec soin et zèle les logiques austéritaires et défendent de fortes restrictions dans les budgets municipaux, en totale soumission aux logiques des financiers et des banques.

Deuxième confirmation : ils ne sont pas comme ils le prétendent le parti des pauvres et des sans voix. Partout leurs premières victimes sont les plus fragiles. Ainsi, à Fréjus (83), ce sont les 3 centres sociaux, implantés dans les quartiers populaires, qui subissent des baisses drastiques de leurs subventions municipales, remettant en cause les actions et la pérennité des structures. Ou encore au Pontet (84), ce sont les tarifs sociaux (réduits) des cantines scolaires qui sont tout simplement supprimés, aggravant notamment les difficultés des familles qui ne peuvent récupérer leur enfant à l’heure du déjeuner…

Troisième confirmation : ils sont comme les autres ! Tandis qu’ils étranglent les populations de leurs communes, au Pontet toujours ou à Fréjus,ils augmentent leurs indemnités d’élus.
Autre confirmation s’il en fallait, la préférence nationale reste au cœur de leur projet. Pour cela rien n’est épargné au peuple : plus de spectacle de Noël pour les enfants dont les parents n’ont pas de pièce d’identité française dans le 7ème secteur de Marseille. Plus de spectacle de danse orientale à Cogolin (83). Pas de festival de musiques électroniques au Luc (83)

Enfin, la démocratie reste leur ennemi. Les journalistes sont interdits de conseil municipal à Marseille, leurs majorités municipales explosent au bout de 6 mois de mandat (comme à Hayange, 57), des responsables de groupuscules violents comme les jeunesses identitaires prennent fonction dans leurs communes comme à (Beaucaire (, 30) ou Cogolin . Le FN est bien loin de l’image dédiabolisée présentée par les médiacrates. Leur présence exacerbe les tensions et engendre des bouffées de haine au sein des populations. Eux qui prônent la sécurité pour la tranquillité des belles personnes ne créent que désordre et violence dans leur sillage.

Luc Léandri et Magali Escot

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MessageSujet: Front National : l’insulte aux Lyonnais (Alexis Corbière et Benoît Schneckenburger)    Jeu 27 Nov - 16:34

Jeudi 27 novembre 2014

Front National : l’insulte aux Lyonnais

Depuis quelques années, le Front National se présente comme un nouveau parti, une sorte de Droite Nationale fréquentable. Suivant le sillon tracé par Sarkozy et sa droite décomplexée, les Le Pen, de père en fille veulent se présenter comme l’alternative nouvelle qui n’a pas été essayée.

Nous ne sommes pas dupes. Le Front National n’a hélas rien d’un nouveau parti.

Il appartient à la longue tradition de l’extrême droite et du fascisme, que seule la défaite de 1945 a pu faire un temps reculer.

Le Front National aujourd’hui, comme les partis Fascistes dans les années 1930, entend profiter du désarroi provoqué par la crise pour parvenir au pouvoir. Son discours d’unité nationale cache son profond mépris pour les salariés. Ses solutions ne remettent pas en cause le système, mais le défendent : il refuse l’augmentation des salaires, il attaque systématiquement les organisations de défense des salariés et veut leur retirer les moyens de se battre en dénonçant le droit de grève. Loin de défendre la retraite, il veut la livrer aux fonds de pensions capitalistes.

Ce parti épouse encore aujourd’hui les pires travers du système qu’il prétend dénoncer. Son fondateur est un millionnaire qui a été plusieurs fois condamné. Ses plus jeunes élus sont déjà cumulards. Lorsque le Parti de gauche propose une votation citoyenne pour la sixième République et la révocation des élus pour un plus grand contrôle démocratique, le porte-parole du FN défend la cinquième République, sans compter qu’un maire Front National dépêche à Fréjus la police municipale pour empêcher le scrutin. Il refuse par-là l’expression démocratique.

Le Maire de Lyon et le Préfet du Rhône n’ont rien fait pour s’opposer à la tenue du congrès du Front National dans la ville où Jean Moulin fut arrêté et torturé. Ils devront assumer les conséquences de cette provocation à la mémoire des fondateurs du Conseil National de la Résistance, à qui nous devons tout ce que le FN veut détruire.

Derrière le bleu marine de la fille, il y a toujours le brun du père.

Toute la semaine, le parti de gauche a tenu des lieux de veille et de mémoire dans les différents arrondissements de Lyon

Alexis Corbière et Benoît Schneckenburger

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MessageSujet: Discours social du Front National : la grande escroquerie (Humanité)   Ven 28 Nov - 11:33


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MessageSujet: Re: Marine Le Pen décroche les millions russes + Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen + Au FN, rien ne change + Front National : l’insulte aux Lyonnais (Parti de Gauche) + Discours social du Front National : la grande escroquerie (Humanité)   

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Marine Le Pen décroche les millions russes + Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen + Au FN, rien ne change + Front National : l’insulte aux Lyonnais (Parti de Gauche) + Discours social du Front National : la grande escroquerie (Humanité)
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